E-mail                   Home

 

Ce n’est pas étonnant, c’est le Vatican !

 

Dans sa « Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde », le cardinal Ratzinger, gardien de la doctrine romaine, défend la promotion de la femme tout en dénonçant les modèles qui nient la différence sexuelle.

Le Vatican, conservateur et opposant habituel à toutes les formes de changements du cadre classique et chrétien de la famille, favorise explicitement l’inégalité entre les deux sexes. En effet, selon lui, la parité des sexes encouragerait les mariages homosexuels ! Jusqu’à ce que l’on comprenne la vision « nouvelle » du Vatican dans son codex « moral » et spirituel, on n’envisage pas une grande question, bien compliquée et largement ouverte de sa part. Au contraire, lier un phénomène bien plus vieux que la Bible à la progression de conscience et au sens de la justice humaine est une absurdité qui résonne comme sur un bourdon du XIVe siècle. Le Vatican, connu pour son homophobie, arrive cette fois à dépasser l’intolérance catégorique face aux homosexuels et en implique la tendance historique à l’égalité entre les deux sexes, peu probablement évitable, dans une suite de raisons qui mèneraient la vie familiale, cheval de Troie du Vatican, à la décadence. L’égalité entre les deux sexes, à ses yeux, produit et reproduit la violence conjugale, crée un antagonisme dans le quotidien du couple et présente une menace sérieuse pour l’harmonie de sa vie conjugale.

Cette affirmation, inspirée sûrement par la bonne volonté et par des « attitudes » historiques, rétroactives et surannées, exprime une accusation lourde et injustifiable, voire une discrimination claire. La femme doit accepter sa différence, l’inégalité, sinon elle provoque la brutalité, la légitimation de l’homosexualité et menace la stabilité de la cellule primordiale de la société : la famille. Quel paradoxe et quelle postulation abusive ! On oublie, évidemment, dans ce cas-là, la vérité passant d’une génération à l’autre et d’une guerre à l’autre : la femme était marginalisée dans les événements de l’Histoire dont l’homme n’ose pas être fier. Elle n’était pas égale à l’homme, ce qui était « une chance » pour qu’elle ait la conscience tranquille envers les victimes de l’homme supérieur ! On oublie aussi que l’inégalité est une forme d’injustice. On sait ainsi que le sentiment d’injustice ne développe pas du tout la soumission, ne favorise pas les relations humaines et ne garantit pas la sérénité sociale. Au contraire, c’est un facteur latent de tristesse, de souffrance, de passivité et d’agressivité. D’autre part, il est clair que l’idéologie  qui habitait la tête des hommes dans une période historique, exigeante et spécifique pour mettre la femme sous tutelle et la protéger n’a plus lieu d’être des nos jours. Cette idéologie ancestrale, qui date de l’époque où l’homme habitait dans les grottes et dans les forêts, n’a plus sa place dans les sociétés modernes où la protection de l’être humain, sa liberté et son intégrité, sa dignité, ses droits devraient être équitablement partagés entre les deux sexes.

Faut-il chercher l’hostilité et la violence de notre temps dans l’égalité entre les deux sexes, qui a commencé à prendre prise dans l’esprit des collectivités et qui, pour le Vatican, présente un danger pour la famille « sainte » ? Faut-il les chercher justement dans l’accumulation historique de l’injustice sociale incluant évidemment l’injustice envers la femme ? Faut-il lier l’égalité entre les deux sexes au phénomène de l’homosexualité aussi vieux que l’homme et présent aux quatre coins du monde et dans toutes les communautés culturelles, civiles et religieuses au fil de l’Histoire, sans échapper à l’accusation de double discrimination ? 

Le Vatican, dans le document susmentionné, tout en appelant au respect de la femme, à l’égalité au travail, souligne que le premier devoir de cette dernière est la procréation. Un devoir qui, selon lui, ne doit pas empêcher la femme de travailler et d’avancer dans la hiérarchie sociale (mais pas dans la hiérarchie religieuse). C’est la femme qui sait l’importance vitale de la procréation. Ce n’est surtout pas aux hommes d’Eglise, d’ailleurs sans femme et sans enfant, de le lui rappeler. De même, ce n’est pas aux hommes, au nom de la religion ou au nom de leur « supériorité », de définir les besoins des femmes. Accuser les femmes, qui aspirent à l’égalité, d’être responsables des hostilités sociales, de la violence et des mariages homosexuels ne fait qu’accentuer le quota d’injustices dont elles sont déjà victimes.

Pour finir, on peut poser une question futuriste. : combien de temps faudra-t-il attendre pour que le Vatican présente ses excuses à la gent féminine pour son attitude discriminatoire et culpabilisante ? Il l’a fait pour Galilée, les Juifs et  les esclaves, mais… très tard.